Partenariat public-privé et satisfaction des parties prenantes

Dernière mise à jour : 24 oct.



Constantin Dabire

Conseiller spécial Premier Ministre - Burkina Faso

Docteur DBA, Business Science Institute

(Thèse DBA dirigée par Pr. Lamarque)


 

Introduction


Le partenariat public-privé (PPP), contrat par lequel un organisme public confie à un prestataire privé le financement et la gestion d’un investissement dédié à un service public, permet-il de de satisfaire l’ensemble des partenaires, privé, public et usagers ? Existe-t-il une structure financière et une structure de propriété du PPP idoine ? Cette question concerne les pays africains, à la recherche de financements pour leurs projets d’investissement, mais se pose également pour les pays développés qui, face à une dette publique en augmentation constante, peuvent souhaiter recourir à ce dispositif.



Impacts et principaux résultats de la recherche


Le PPP, en tant que mode alternatif de financement public, est le gage d’un apport en expertise technique pour la réalisation d’infrastructures. Il est en outre associé à une bonne performance des projets réalisés au regard de leur taux d’exécution (76% des projets sont menés à leur terme). En revanche, il ne garantit pas le respect des délais et des enveloppes allouées aux projets : le retard annuel moyen global s’établit à un peu plus d’un an, et le surcoût moyen unitaire s’établit à environ 16 000 000 d’euros (pour plus de 80% des projets).


Cette recherche invite les responsables de projets financés par un PPP à mettre en place des outils pour maîtriser le suivi des délais, respecter les budgets et répartir les risques entre parties prenantes. En outre, elle montre que le succès de ces opérations repose sur la préparation en amont des projets, notamment autour de :

  • la qualité des études en amont,

  • les modalités de sélection du partenaire privé,

  • les clauses contractuelles liant les partenaires privés et publics.


En revanche, il n’existe aucun lien entre la structure de financement et la structure de propriété du PPP et la performance de ces dispositifs : en clair, dans le contexte ouest africain, la réussite d’un PPP ne semble dépendre ni du pourcentage de fonds propres, ni du poids financier du partenaire privé dans le financement.


Fondements théoriques de la recherche


Nous avons mobilisé la théorie du compromis, issue des travaux d’auteurs qui démontrent l’existence d’un taux d’endettement optimal qui maximise la valeur de l’entreprise (DeAngelo et Masulis, 1980 ; Myers, 1984; Fischer et al., 1989). Cette théorie s’appuie sur la notion d’arbitrage tout en prenant en compte différents coûts tels que les coûts de faillite et les coûts d’agence (Jensen et Meckling, 1976 ; Jensen, 1986).



Méthodologie


Fondée sur une méthodologie hypothético-déductive avec test d’hypothèses, notre étude, qui s’inscrit dans une approche positiviste, est réalisée sur la base des données primaires et secondaires. Les données primaires sont issues d’une enquête de satisfaction en ligne des usagers et bénéficiaires de vingt-neuf projets PPP de divers secteurs d’activité concernant sept pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine. Les données secondaires sont essentiellement constituées de la base de projets PPP portés par la Banque Ouest Africaine de Développement. Les hypothèses ont été testées à l’aide de méthodes de traitement statistique.



L’avis des professeurs


Le Pr Husson souligne la portée de ce travail de recherche sur le plan économique : la thèse interroge directement la question du développement dans son acception la plus globale, d’un territoire et de ses habitants (Pr. Husson, rapporteur).


Le Pr Gajewski met en avant les qualités du travail en soulignant la qualité de la présentation […] Il insiste également sur le fait que la problématique est très pertinente et d’actualité, rappelant la nécessité de trouver de tels partenariats en Europe, du fait des déficits publics (Pr Gajewski, rapporteur).



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